Un mardi comme aujourd'hui, il y a cinq mois, j'arrivais à la fin de mon PCT, un peu hébété, physiquement et moralement fatigué, dépassé par l'accomplissement. Que reste-t-il maintenant de cette expérience? Pour le moment, je me sens hanté. Le chemin semble inscrit dans ma mémoire cellulaire, prêt à ressurgir dès que je ferme les yeux. La mémoire du chemin est surtout celle du mouvement. Par la pensée, je marche interminablement.
Les deux premiers mois après mon retour ont été fort occupés à la fois par mes retrouvailles avec la famille et les amis, la reprise du travail et de mes autres activités parisiennes, ainsi que par mes rangements du PCT: photos, blog, matériel, tout cela a été mis en ordre, analysé, trié et empaqueté.
Mais en novembre, au moment où le raccourcissement des journées s'est accéléré, j'ai commencé à passer mes nuits en rêve sur le PCT. Depuis, ça s'est calmé, mais j'en garde un léger sentiment de décalage. Il n'est pas permanent, mais il est affleurant: il suffit de rien pour qu'il passe, comme un ange.
Ce n'est pas désagréable, au contraire. Peut-être me faut-il craindre à l'avenir de ne plus jamais être 100% présent dans les situations où je me trouve? Ou bien inversement sera-t-il plus reposant pour les autres comme pour moi que je garde toujours un peu de recul? L'avenir nous le dira, ou pas.