A un mot près, le même titre d'un jour sur l'autre dans Le Monde:

Il n'y a plus personne pour vérifier les titres des articles, dans ce journal?

Ceci dit, je ne peux m'en plaindre, puisque ça me donne l'occasion d'une lecture croisée sur deux sujets qui ne se rencontrent pas souvent:

  1. Ces sujets sont rebattus depuis longtemps, ce que le compte-rendu d'ouvrage sur la charcuterie aborde frontalement. En effet, il rapporte que les dérives des procédés industriels sont dénoncées depuis le début du 20e siècle et s'étonne que l'effervescence médiatique des années 1970 à ce propos n'a été suivie d'aucun effet: l'agence européenne de sécurité alimentaire s'est alors illustrée par la même soumission aux lobbies qu'elle a montré récemment avec les pesticides. En revanche, l'article sur la sédentarité fait comme si le sujet était nouveau et "oublie" que ce souci de santé publique préoccupe la recherche médicale depuis 20 ans et a abouti en 2010 à la fameuse recommandation des 10000 pas par jour par l'OMS.
  2. Après avoir compris comment le lobbying des industriels a permis à leurs charcuteries empoisonnées au nitrite et autres additifs cancérogènes de remplacer ou marginaliser les produits de qualité, je suis tenté d'étendre cette analyse à la sédentarité en me demandant quels lobbies ont pu jouer le même rôle dans la création et l'entretien de notre "addiction à la chaise" (que j'ai déjà évoquée ici)? Existe-t-il ainsi un lobby des bureaux, qui regrouperait industriels du bâtiment, architectes d'intérieur, fabricants de mobilier et manageurs de ressources humaines pour nous imposer une façon de travailler obligatoirement assis? Doit-on imaginer un lobby des constructeurs de véhicules et des ingénieurs de transport, acharné à promouvoir des "solutions de mobilité assise" et à tuer tout environnement favorable à la marche? Faut-il, à la manière de certains livres et films d'anticipation, voir encore plus large et imaginer un complot de tous les gouvernements pour nous contrôler en nous enchaînant à nos chaises de bureau, à nos sièges de voiture et à nos fauteuils devant l'écran de télé, pendant que nous nous gavons de jambon farci au nitrite?

Vu comme cela, il n'y aurait donc rien de plus subversif que de marcher partout et tout le temps, en se nourrissant des fruits et légumes qu'on pourrait glaner en chemin...