Le Pacific Crest Trail dépend très largement des bénévoles. L’entretien physique du sentier repose sur des milliers d’heures de travail, non seulement de la part des membres du PCTA qui s’occupe officiellement du chemin, mais aussi de la part d’autres associations qui organisent des chantiers d’été pour des jeunes, ou bien des stages d’insertion pour des personnes en difficulté, ou encore des travaux d’intérêt général en substitution à des amendes ou peines de prison… Dans ce dernier cas, il y a un choc des imaginaires, celui de la randonnée d’un côté et celui des travaux forcés de l’autre (pour ma part, je choisirais de casser des cailloux sur un chemin plutôt que de stagner dans une cellule) !
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vers PCT mile 350 (jour 16)

Ces formes d’engagement associatif me semblent avoir leur équivalent en France ou ailleurs en Europe, par exemple la Fédération Française de Randonnée Pédestre dont les comités locaux balisent les sentiers de petite ou grande randonnée (PR et GR), ou les associations locales de coureurs qui créent des raids et autres courses sur sentier (Trail Running). Je suis très admiratif, et reconnaissant, de ces différents investissements bénévoles de part et d’autre de l’Atlantique. Mais sur le PCT, j’ai été épaté par l’apparition des Trails Angels, cette catégorie originale de bienfaiteurs auxquels j'ai déjà consacré un billet et que je peux maintenant répartir en plusieurs sous-catégories en faisant le bilan de mes rencontres.

I. Les Water Cache : de l’eau loin de tout point d’eau

Jour 3 (11 mai 2017) : la surprise sous le pont de Scissors Crossing (PCT mile 77)
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Ce jour-là, nous étions partis de Noble Canyon Trail Junction (PCT mile 49) au sommet des Laguna Mountains. Encore insuffisamment attentifs à ce sujet, nous avons parcouru 45 km sans nous préoccuper de l’eau pourtant rare. En fin de journée, alors qu’il faisait chaud dans le fond de vallée, nous nous sommes retrouvés à court d’eau, et pendant que nous marchions assoiffés vers la route, nous avons évoqué la nécessité d’aller en auto-stop au bourg de Julian pour faire le plein. Mais, en arrivant à cette route, nous avons trouvé un petit panneau gribouillé sur du carton avisant qu’à un mile de là, il y avait de l’eau sous le pont de Scissors Crossing. Effectivement, nous avons découvert à l’ombre de ce pont, dans le lit de rivière à sec, un dépôt d’eau que l’on appelle localement « Water Cache » (prononcer « catché »). Il s’agissait des deux grands bacs de caoutchouc que l’on voit à droite de la photo et dans lesquels se trouvaient des bidons de 4 litres à l’abri du vent. Le dépôt était accompagné de glacières remplies de goodies (chips, bonbons, gâteaux etc.) autour desquels s’agglutinaient des hikers profitant de l’occasion. Stupéfaits de ce miracle, nous avons trouvé des explications d’une part sur des feuillets fixés au mur par une association de Julian qui exposait comment elle entretenait le dépôt d’eau et donnait quelques consignes, d’autre part avec un Trail Angel présent, Roland, qui venait s’occuper des glacières et proposait d’emmener les intéressés en voiture à Julian.
Les Water Cache sont bien entendu l’un des actes de générosité les plus cruciaux au long du PCT, étant donné que des portions du chemin sans point d’eau couvrent plusieurs dizaines de kilomètres. En l’occurrence, entre les miles 68 et 101, il y aurait eu 53km sans eau si des anges associatifs n’avaient pas créé et soigneusement entretenu deux dépôts (assez importants pour abreuver entre 50 et 70 randonneurs par jour!), celui dont je parle ci-dessus au mile 77 et auprès duquel nous avons bivouaqué, et le second au mile 91 où nous sommes passés le lendemain :
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Dans l’environnement aride de la Californie du sud, les ponts offrent des points commodes pour que les organisateurs d’un dépôt y accèdent en voiture tout en offrant de l’ombre tant aux bidons d’eau qu’aux hikers soulagés de pouvoir s’abriter du soleil et du vent, et qui y trouvent un moyen de laisser des messages. C’est le cas de la traversée exposée de San Gorgonio Pass, à l’issue de laquelle on peut s’arrêter sous l’autoroute Interstate 10 :
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PCT mile 210 (jour 9)

Outre les associations locales, il y a aussi des particuliers qui veillent à élaborer une ambiance accueillante autour de leur Water Cache, comme c’est le cas du « bar » créé en plein air par Daniel, Larry, Robert & Patti à une quinzaine de kilomètres de la route qui mène à Tehachapi :
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Mile 549 (jour 23)

Cependant, tous les dépôts ne sont pas aussi bien gérés ou présentés. Dans certains cas, il s’agit simplement d’une seule glacière contenant quelques bouteilles ou canettes, et dont nous n’aurons pas toujours la chance qu’elles soient pleines :
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vers PCT mile 320 (jour 14)

J’ai aussi rencontré des situations où la générosité ne s’accompagnait pas de rigueur pour entretenir ou nettoyer la Water Cache, qui se convertit alors en tas d’ordure… Par exemple :
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Mile 466 (jour 20)

Enfin, il y a de longues sections sèches où un dépôt d’eau serait important mais où il semble qu’aucun Trail Angel n’est en mesure d’opérer. C’est particulièrement le cas au centre de l’Oregon, où il n’y a que trois points d’eau fiable pendant 140 kilomètres, entre les miles 1782 et 1870 (dont 42km sans eau entre Crater Lake et la face nord-ouest du Mt Thielsen). Comme cette section est aussi celle où les « tunnels de forêt à moustiques » sont les plus oppressants, nul doute que des Water Cache et des Trail Goodies y apparaîtraient encore plus qu’ailleurs comme des miracle !

II. Les Hikers Heavens : les anges hospitaliers

Je regroupe dans cette famille les endroits, situés à plus ou moins grande distance du PCT, où les hikers peuvent s’abriter et se reposer, pour une nuit ou plusieurs jours. Ce sont des lieux de sociabilité importants où ils peuvent se retrouver et discuter, comme dans les refuges et gîtes d’étape qu’on trouve en Europe (mais qui sont quasiment absents du PCT). Ces lieux sont le plus souvent ouverts et gérés de façon bénévole, avec parfois une participation aux frais minime et généralement volontaire.
Le premier exemple que nous avons rencontrés fut le Community Center de Warner Springs le soir du jour 5, après une étape particulièrement harassante du fait de sa longueur. Cette institution faisant office de club de sport, salle des fêtes et centre culturel pour le village offrait gratuitement la possibilité de camper, de se doucher (de façon rudimentaire, mais avec de l’eau chaude), de laver son linge, d’accéder au wifi et d’acheter un peu d’approvisionnement dans un minuscule magasin :

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PCT mile 110

Un deuxième exemple, spectaculaire et dont j’ai parlé dans mon premier billet sur les Trail Angels, est le « Hiker Heaven » éponyme à Agua Dulce (mile 545), créé et entretenu dans leur propre maison par le couple Sauffley depuis 20 ans (http://hikerheaven.com/). Avec l’aide de nombreux bénévoles, cet endroit offre une quantité et une qualité exceptionnelles de services aux hikers, qui s’y pressent nombreux :
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Cette maison particulière devient officiellement un bureau provisoire de la poste fédérale pendant la période de passage des hikers :
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Sous les tentes collectives dressées à l’entrée de la propriété, on peut se doucher, emprunter des habits propres, confier ses habits sales pour la lessive, se connecter à Internet, faire de la couture :
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C’est aussi l’endroit où j’ai vu le plus grand nombre de « hikers boxes » : onze ! Dans ces boîtes, que l’on trouve le plus souvent à proximité des magasins et bureaux de poste où les hikers se réapprovisionnent, on trouve ce qu’ils ont décidé d’abandonner au bénéfice des autres randonneurs : nourriture et fournitures en surplus, équipement usagé, etc. C’est ainsi que j’ai trouvé, ou laissé, des rasoirs et de la mousse à raser, des bonbonnes de gaz entamées, des vêtements, des cartes et des pots de beurre de cacahuète, entre autres !
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Deux jours plus tard, dans une ambiance très différente de Hiker Heaven, j’ai découvert une autre forme rudimentaire de ce type d’hospitalité à Hiker Town (mile 518) :
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On se trouve ici chez Bob, un particulier qui a créé une sorte de « ghost town » du Far West avec des petites cabines qu’il loue 10 dollars pour la nuit, sachant qu’on peut camper et prendre de l’eau gratuitement si on le souhaite. L’ambiance étrange évoque un mélange de camp romanichel, de casse automobile et de palais du Facteur Cheval….

Le fonctionnement de Hiker Town en fait un type intermédiaire entre l’hospitalité strictement charitable de Hiker Heaven et les services gratuits offerts par des hébergements commerciaux, comme Alderbrook Manor dans le village d’Etna (atteint en voiture depuis le mile 1597, jour 63). Vicki et Dave gèrent ce luxueux Bed & Brekfast tout en offrant aux hikers la possibilité de camper gratuitement dans leur jardin et de bénéficier pour des sommes modiques d’un dortoir, d’une douche et d’un lave-linge :
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Au total, sans qu’ils soient à proprement parler des « anges », il y a beaucoup d’hôtels, de restaurants et de magasins qui font un effort particulier vis-à-vis des hikers : salle pour une « hiker box », possibilité de recharger les appareils électriques sur une prise, accès au wifi, emplacement gratuit pour camper, réduction sur l’hébergement etc. Bien sûr, il s’agit d’une générosité intéressée, dans la mesure où les hikers constituent une clientèle saisonnière importante. Mais on peut toujours en profiter gratuitement : ainsi, le restaurant-magasin du Shelter Cove Resort (mile 1905) a dressé à côté de sa terrasse une tente de collectivité avec table et bancs, prises électriques, wifi, hiker box etc., que l’on pouvait utiliser sans restriction.

Outre la générosité, intéressée ou pas, on trouve souvent (mais pas partout) le long du PCT une hospitalité commerciale significative, avec des réductions importantes dans les hôtels et motels (il faut penser à le demander) et des messages spécifiques de bienvenue dans des certains bourgs, comme Idyllwild (mile 190), Sierra City (mile 1193), ou Cascade Locks (mile 2155) :
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Bien entendu, il faut aussi mentionner celles et ceux qui ne sont pas organisés comme tels mais deviennent anges hospitaliers au gré des circonstances, comme les personnes généreuses qui m’ont pris en stop et m’ont offert un dîner (Topaz Lake Casino, mile 1017, jour 41) ou l’hospitalité de leur maison (Dunsmuir, mile 1499, jour 60).

III. Au détour du chemin : les anges nourriciers

Ces anges du troisième type sont à l’origine des moments les plus surprenants, car ils surgissent quand on ne s’y attend pas pour offrir à boire et à manger dans des endroits improbables.
Certains sont des personnalités connues sur le PCT, qui ont réalisé la randonnée dans le passé et désormais vivent pendant l’été dans leur camping-car, en suivant la montée des hikers vers le nord. C’est notamment le cas de Coppertone, ancien missionnaire à la retraite, dont j’ai profité des sodas frais et des gâteaux à deux reprises, chaque fois à des endroits rudes où la pause était particulièrement bienvenue :
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San Gorgonio Pass (vers mile 208), jour 9 avec Catty

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En sortant de Deep Creek Canyon (vers le mile 320), jour 14 avec Phil

Autre personnalité flamboyante, Legend, qui racontait avec truculence sa propre légende tout en servant de copieux dîners de pâtes ou petits-déjeuners de pancakes, dans le campground de White Water Preserves (mile 219), et dont nous avons retrouvé le pick-up garé devant le McDo de Cajon Pass, où il accueillait les hikers qui le reconnaissaient et le saluaient avec affection :
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Cajon Pass (mile 342), jour 15 avec Phil

Également ancien du PCT, Puzzler a choisi de consacrer une partie de ses vacances avec son frère Robby à servir de miraculeux déjeuners aux hikers de passage, après avoir passé la matinée à pêcher (McLoud River, vers le mile 1470, jour 59).

Enfin, d’autres anges nourriciers n’ont pas fait le PCT eux-mêmes et ne sont pas nomades, mais souhaitent offrir un peu de leur temps en créant un moment convivial dans la région où ils habitent. C’est le cas de Brenna, qui avait garé sa camionnette sur la Angeles Crest Highway et enrôlé comme assistant un hiker qui criait quand on débouchait sur la route : Do you want a Taco ? Le « taco » de Brenda m’a paru délicieux :
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Vers mile 395 (jour 17)

Nous avons fait connaissance avec Coppertone et Legend le jour où nous avons aussi profité d’une Water Cache et de goodies sous le pont de l’Interstate 10 (San Gorgonio Pass) ; le même jour, nous rencontrions aussi un ancien de la guerre de Corée, garé en bordure du PCT, qui ouvrait son coffre sur un modeste plateau de biscuits sucrés et salés :
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Le 25e jour, particulièrement aride et chaud, deux équipes d’anges nourriciers se faisaient concurrence vers le mile 610, à moins de deux heures de distance l’une de l’autre :
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La première poussait l’accueil jusqu’à offrir un lit de repos dans une minuscule caravane et un brumisateur sous la tente. La seconde ajoutait aux habituels snacks industriels des légumes crus à croquer, et offrait des cartes postales qu’il nous suffisait de remplir avant qu’ils les postent (celle que je leur ai confiés est bien arrivée!).

Je garde aussi un souvenir ému de l’accueil qui m’a été réservé le jour 44, à Carson Pass (vers le mile 1070), par les bénévoles qui tenaient le kiosque d’accueil du National Forest Service et qui m’ont chaleureusement gavé de fruits, gâteaux et chocolat :
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Autant dire que toutes ces haltes sont irrésistibles. Il était fréquent que j’y trouve des hikers qui n’arrivaient plus à en repartir ! Quant à moi, comme les autres hikers je me suis fait un devoir d’honorer chaque générosité en acceptant au moins un peu (et souvent beaucoup) de nourriture et en prenant un minimum de temps pour faire connaissance avec les anges…
Ce fut notamment le cas avec Ned, rencontré le jour 78 alors qu’il offrait un copieux petit déjeuner. J’ai accepté les fruits et les pancakes offerts, alors que j’avais déjà pris un premier petit-déjeuner léger deux heures avant et que je devais retrouver juste après mes parents pour un troisième petit-déjeuner abondant avec des produits frais, dans le cadre enchanteur de Olalie Lake (PCT mile 2043) :
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Dans un bon nombre de cas, nous trouvons aussi sur le chemin des dépôts de nourriture en l’absence de ceux qui les ont créés.
Certains sont une forme de publicité pour un « hiker heaven » commercial, comme le sofa et le conteneur déposés par le Big Bear Hostal à quelques kilomètres de la route qui permettra de s’y rendre en auto-stop (vers le mile 265, jour 11) :
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D’autres sont des services avec participation aux frais, rendus par une association comme la California Trail Users Coalition qui offre des sodas et des snacks en demandant qu’un dollar soit déposé en échange dans une petite caisse jointe à la glacière :
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North Fork Saddle Ranger Station, mile 436 (jour 18)

Certains dépôts surgissent comme une forme d’offrande par une famille comme les Thompsons (jour 54, vers le mile 1345) ou par un groupe d’amis comme celui qui a créé le Wild Bird Cache :
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Mile 1407 (jour 57)

Dans cet abri ouvert (Urich Cabin, PCT mile 2344.5, jour 89), des anges nourriciers avaient déposé dans une glacière quelques pastèques à la fraîcheur bienvenue :
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Comme les Water Caches, les Trails Angels m’ont manqué dans la traversée de l’Oregon central. Probablement est-ce dû au fait que cette région est non seulement très faiblement peuplée, mais également peu équipée en infrastructure routière, ce y qui rend le PCT plus difficilement accessible en voiture alors que moins de gens sont susceptibles d’être disponibles pour le soutien aux hikers.

IV. Les anges transporteurs

Pour descendre en ville, je n’ai pas eu souvent recours à des anges transporteurs, soit généralement parce que l’auto-stop marche bien, soit parce que j’ai bénéficié de la voiture de mes parents (Oregon). Mais pour qu’on vienne les chercher au croisement du PCT avec une route, beaucoup de hikers disposaient de contacts, notamment via Facebook, ou utilisaient les infos disponibles sur place, comme ici :
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Mile 1329 (jour 54)

Au croisement avec l’autoroute Interstate 5 au mile 1499, Kellyfish affichait ses coordonnées en offrant, contre « donation », le transport vers les villes voisines voire un hébergement, en expliquant que l’argent récolté allait servir à acheter des goodies qui seraient déposées au même endroit :
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Les trois fois où j’ai eu recours à des anges transporteurs correspondent chacune à une situation différente :

  • la première fois, j’ai eu la chance que la réceptionniste d’un motel à Burney (atteint en auto-stop depuis Old Station, mile 1371, jour 56) établisse le contact avec Sarah ;
  • la deuxième, moins cruciale, fut une rencontre par hasard avec Gary à Trout Lake (mile 2236.5, jour 85) ;
  • la troisième fut le résultat d’une exploration sur Internet pour y chercher un moyen de quitter Seattle et rejoindre le PCT à Snoqualmie Pass (mile 2391, jour 91) ; c’est ainsi que nous avons trouvé les coordonnées d’Ashley, qui proposait de nous emmener moyennant une participation aux frais.


Il y a des aides plus modestes mais néanmoins importantes, comme celle du Déli de Skykomish qui nous a prêté un panneau déjà rédigé pour faciliter l’auto-stop vers Stevens Pass (mile 2462, jour 96).

V. Les anges spirituels

Les Trail Angels ne se préoccupent pas seulement d’offrir aux hikers de l’eau, des aliments, un abri ou un transport, ils fournissent aussi des nourritures spirituelles !
Dès le 6e jour, vers le mile 140, nous sommes tombés sur un endroit étrange, une bibliothèque en plein air où étaient offerts des livres, avec des panneaux rendant hommage aux deux principaux « théoriciens » de la marche et du retour à la nature aux Etats-Unis, David Thoreau et John Muir :
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45 jours plus tard et près de 1800km plus loin (mais toujours en Californie….), des habitants de Bucks Lake offraient à leur tour des livres :
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Dans un troisième endroit (vers mile 1340, jour 54), à côté d’une source et d’une glacière contenant des sodas, s’exprimait franchement la mystique qui entoure John Muir, présenté comme le « Saint patron du PCT » :
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De façon inattendue, ce petit lieu de culte intégrait Lola Montez, présentée comme la « Reine des Sourdoughs », sobriquet des mineurs expérimentés pendant la ruée vers l’or (cf. wikipedia)...

VI. Mes anges personnels

Je dois les mentionner, car ils font partie de la galerie d’anges qui m’ont accompagné et soutenu, logistiquement et psychologiquement, tout au long du chemins : mes amis et ma famille...