Post Office at Old Station
Au début, mes ravito "off the trail" ont plutôt été une source de stress, tant il était compliqué de trouver tous les services que je cherchais dans un temps contraint. Mais j'ai fini par être admiratif devant deux des services publics que j'ai beaucoup utilisés, la poste et la bibliothèque.

D'un côté, il faut souligner l'omniprésence des "post offices", sous une variété extraordinaire de formes: grand bâtiment moderne, petit bungalow à l'entrée d'un Resort (photo ci-dessus), comptoir dédié à l'intérieur d'une épicerie/General Store et, le plus impressionnant, bureau de poste provisoire sous tente et dans un garage chez un particulier (par exemple, Hiker Heaven). Cette flexibilité des formes d'implantation de la poste est sans doute ce qui assure qu'elle soit aussi bien implantée. Cela pourrait donner des idées en France pour la desserte des "trous paumés", souvent purement et simplement abandonnés par l'administration au nom de la rationalisation des moyens...
Ayant eu à y recevoir et envoyer des colis à plusieurs reprises, j'ai en outre été frappé par la serviabilité et la cordialité des agent(e)s à mon égard, mais aussi par la familiarité avec laquelle ils s'adressaient par leur prénom à leurs usagers, qui discutaient là comme s'ils étaient sur la place du village. Il y a là une forme de fonction communautaire précieuse qui n'exclut pas l'hospitalité... Cela rend d'autant plus aberrante une localisation comme celle de la poste de Tehachapi, isolée dans les champs loin du centre du bourg et des autres services, donc d'accès difficile pour les gens qui n'ont pas de voiture!

De l'autre, j'ai développé une tendresse particulière pour les bibliothèques publiques. A la différence de la poste qui est un service fédéral, les bibliothèques semblent dépendre d'abord des Comtés. On ne les trouve pas partout, et elles semblent soumises à des contraintes budgétaires qui restreignent beaucoup leurs jours et horaires d'ouverture... Mais quand je suis à la recherche d'une ordinateur connecté à Internet, aller à la bibliothèque publique est la première réponse qu'on me fait dans les motels, commerces ou voitures qui me prennent en stop. Ici aussi, l'accueil par les bibliothécaires est remarquable de gentillesse voire de dévouement. Même puant après quatre jours sans me laver, même avec mon sac à dos et mes bâtons, même en prenant de l'espace en connectant mon appareil photo et en rechargeant mes autres appareils, j'ai toujours été reçu avec l'évidence que j'étais à ma place, autant que les enfants, ados, adultes et personnes âgées que j'ai vu y passer autant de temps que moi. Certaines bibliothécaires (je n'ai vu que des femmes à cette fonction) ont été très arrangeantes pour que je puisse jongler avec la durée parfois contraignantes des sessions, voire avec les horaires mêmes de la bibliothèque!
Sans elles, ce blog n'aurait pu être maintenu, étant donné que ces ordinateurs en libre accès ont été le plus souvent mon seul moyen d'écrire et publier billets et photos...