Sous les arbres, la neige forme d'innombrables congeres qui exigent de les contourner ou de les monter et descendre, et qui rendent la progression lente et fatigante.
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Le plus epuisant, c'est de traverser les champs ou les pentes de "suncups", trous de 10cm a 1m crees par la fonte et dont les cretes sont aigues et dures la nuit ou au petit matin, mais qui s'effondrent lorsque la neige mollit au fur et a mesure de la journee.
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Le plus dangeureux, ce sont les franchissements de torrents en crue, gonfles par l'exceptionnelle quantite de neige en train de fondre. J'y perds enormement de temps et pas mal de motivation, car a chaque fois il faut que je verifie que tout ce qui craint l'eau (appareils electroniques) ou est vital (duvet et vetements) sont bien emballes de facon etanche en cas de chute, puis j'evalue le meilleur endroit pour traverser, puis je me change (chaussures sans chaussettes serrees a fond, pantalon de pluie pour mieux resister a l'eau glacee), avant de me secher et changer de nouveau une fois de l'autre cote, parfois sans un endroit sec pour me poser car la neige est partout... J'ai eu quatre traversees difficiles, trois fois avec l'eau jusqu'a mi-cuisse, et la quatrieme jusqu'a la ceinture: cette fois-la, j'ai eu peur!
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Comme pour le Mt Whitney, il fut plus fatigant de traverser la neige que de gravir la paroi pour atteindre Forester Pass (alt. 4000m.), la petite breche oblique enneigee au milieu de la photo: un incroyable chemin est amenage dans la paroi de droite...
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Last but not least, une difficulte supplementaire: la neige recouvre completement le chemin. Sans balise et sans cairn, il faut donc s'en remettre aux traces fraiches laissees par d'autres randonneurs ou a la navigation avec carte et boussole. J'ai ainsi perdu et retrouve le chemin ou des traces plusieurs fois. La derniere a eu raison de mon courage: j'ai rate l'embranchement du PCT et suivi des traces qui allaient vers Kearsearge Pass, un col qui permet de sortir de la Sierra vers l'est.
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Quand je me suis rendu compte de mon erreur d'orientation, j'etais a mi-chemin du col et de l'embranchement. J'ai alors decide que ces trois jours a marcher dans la neige me suffisaient, alors que la limite inferieure de la neige continuait a descendre plus je progressais vers le nord, ce qui me promettait de devoir continuer a dormir dans la neige par -5C, et avoir les pieds geles a cause des chaussures serrees par les micro-crampons. Chaussures qui doivent dormir avec moi dans le duvet pour eviter que je ne puisse les enfiler le matin dures commee la pierre, tout comme les appareils electroniques pour eviter que les batteries se dechargent. Quant a l'eau de mon the matinal, elle dort dans la popote, afin d'etre degelee directement sur le rechaud.
D'apres un randonneur experimente et habitue du coin, que j'ai croise quelques temps apres, j'ai pris la bonne decision, car il annoncait que la neige etait encore plus abondante et les gues encore plus dangereux d'ici a Mammoth; il me conseillait donc de rejoindre le PCT la-bas.
Une fois sorti de la montagne, j'ai eu la chance d'etre pris en stop tout de suite et je suis arrive en fin d'apres-midi a l'Hostel de Bishop, ou j'ecris ce billet dans la salle a manger animee et bruyante.
Demain, ce sera donc mon deuxieme zero: achats et bus ou auto-stop vers Mammoth...