D’après mes parents, dès que j'ai su marcher, j’ai fugué! Cette légende personnelle colle bien avec mes passions bipèdes.
Dès que je peux, je marche en ville, que ce soit pour me déplacer, pour visiter ou pour me promener ; en revanche, je ne pratique pas beaucoup la flânerie traditionnelle ni le lèche-vitrine… Dans tous les cas où il n'est pas possible de faire le trajet à pied ou en vélo, je prends les transports en commun, qui de toute façon impliquent souvent de marcher beaucoup ! Pendant les week-ends, il est fréquent que je prenne le train pour aller me balader dans les bois, en marchant ou en trottant. Et pour les vacances, c’est aussi de préférence le chemin de fer qui me conduit en montagne pour une randonnée itinérante à pied.
En effet, ce que je connais de plus reposant, c'est de me fatiguer en marchant. J'adore l'impression de me dissoudre dans le paysage, dans des espaces immenses où je ne suis plus rien, j'adore le rythme qu'on prend après un certain temps, j'adore la paix qui descend en soi. Je préfère faire cela en montagne et en autonomie totale sur plusieurs jours. Depuis mon premier circuit de ce genre (tour de la Vanoise en 1979), j'ai eu l'opportunité et le bonheur de randonner ainsi de part et d'autre de l'Atlantique.

En Europe:

  • Alpes (notamment une traversée intégrale en 8 étés, de la France à la Slovénie en passant par l'Italie, la Suisse et l'Autriche, cf. été 2008)
  • Massif central (Tour du Causse Noir avec des enfants de 5 et 7 ans)
  • Pyrénées françaises et espagnoles (HRP, GR10, Encantats, etc.)
  • Sierra Nevada d'Andalousie
  • Madère
  • Highlands d’Écosse (WHW)
  • Laponie (Kungsleden)


Dans les Amériques:

  • Canada (Québec, Alberta, Colombie Britannique)
  • États-Unis (PCT)
  • Mexique (Sierra Tarahumara ; ascension des 5 volcans entre 4400m et 5700m d’alt.)
  • Pérou (Cordillère Blanche)
  • Chili (Patagonie)
  • Argentine (Aconcagua 2008 et 2010).


L'année 2007 a été un tournant dans mes pratiques pédestres : d’une part, j’ai découvert le mouvement des « marcheurs ultra-légers » et d’autre part, j’ai ajouté au plaisir de marcher celui de courir n'importe où et si possible pendant des heures et en montagne (ce qu’on appelle en France « Trail » et « Ultra-Trail »). Dans les deux cas, j’ai commencé à appliquer les principes du minimalisme à tout l’équipement (chaussures, sac à dos, système de couchage et d’alimentation, etc.).
Outre les compétitions organisées, qui m’ont conduit des 22km du Trail de Senlis (2007) aux 170km de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (2014), j’ai inventé mes propres « rando-courses », comme les 422km du « Tour de l’Ile de France en Courant (TIFC) » (14 étapes, 2009-2011) puis les 642km du "Grand Tour de l'Ile de France en Courant (GTIFC)" (19 étapes, 2012-2013). J’ai aussi réalisé des rando-courses en autonomie sur deux jours, avec un sac à dos de 3 à 5kg (y compris 2L d'eau, abri, matelas et sac de couchage) : dans la forêt de Fontainebleau, dans le Parc National Los Nevados (Andes colombiennes), dans les Pyrénées basques.
Depuis une première expérience de 24h de marche non-stop en 2014, je médite sur les liens entre rando et course tout terrain. J'ai eu l'impression que s'il a été relativement facile de réaliser ce 24h, ce n'est pas seulement à cause de la forme physique que m'a donné l’entraînement de course à pied, mais aussi grâce à 1) le transfert vers la marche de l'optimisation du matériel transporté d'une part, et de la gestion de l'effort d'autre part; et 2) en sens inverse, le transfert depuis la marche d'une certaine conception de l’autonomie et de l’acceptation de toutes les conditions météorologiques. N'avoir peur ni de la pluie ou du froid (ce que j'ai appris en rando), ni de la fatigue ou du découragement (ce que j'ai appris en trail) me semble ouvrir des barrières psychologiques et libérer les horizons. J’ai ainsi trouvé des similitudes dans mes expériences les plus extrêmes d’endurance, qu’il s’agisse de courir pendant plus de 40 heures d’affilée (UTMB ou Ultra Traversée de Belledonne) ou de marcher plus de 100 jours de suite (PCT). Et j’envisage désormais avec gourmandise de continuer avec de nouvelles expériences, par exemple des rando-courses de plus de 300km...
Tout peut donc se mélanger ou se succéder selon les circonstances : rando méditative ou sportive, course tranquille ou défi personnel, solitude ou partage (en couple, en famille, entre amis, avec des inconnus rencontrés en course ou en rando)... Rien de tout à fait nouveau, car si la randonnée et la course-nature ont évolué séparément et donné lieu à des organisations distinctes, il existe depuis longtemps une discipline militaire devenue sportive qui combine les deux : le raid. Mais en ce qui me concerne, il n'est pas question d'adopter la mentalité "marche ou crève"! C'est plutôt "marche (ou trotte) ET rêve"...
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PS: présentation complètement remaniée le 12 nov. 2017